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Les dealers doivent-ils·elles avoir accès aux services de testing et ont-ils·elles un rôle à jour dans la Réduction des Risques ?


Résumé d’une étude qualitative .

Le testing - un service permettant aux usager·ères de drogues (UD) de faire analyser le contenu de leurs produits et de recevoir des informations/conseils de Réduction des Risques (RdR) personnalisés - a été proposé comme un outil de réduction des risques permettant de lutter contre la crise des opioïdes qui frappe durement l’Amérique du Nord et qui est à nos portes.

Au cours d’entretiens menés auprès d’une vingtaine d’UD recruté·es dans des centres à bas seuil de la ville de Vancouver, la question du rôle des dealers dans la RdR à travers leur utilisation du testing a été spontanément abordée par les informateur·rices.

De l’analyse des entretiens, il ressort que les UD ont tendance à se fier à leurs dealers habituels. Quand une telle relation de confiance est établie, ils·elles ne perçoivent pas forcément l’utilité du testing. Malgré leurs réticences, les UD ont cité plusieurs raisons pour lesquelles donner accès à ce service aux dealers pourrait se révéler bénéfique.

D’abord, le testing permettrait aux dealers et, via eux·elles, aux UD d’améliorer leurs connaissances sur les produits. Ensuite, ces connaissances pourraient pousser les dealers à ne pas vendre certains de leurs produits s’avérant trop dangereux. L’un et l’autre de ces effets entraineraient, enfin, une réduction de la morbidité et de la mortalité des UD.

Les UD ont également évoqué des freins à l’utilisation du testing par les dealers dont la crainte d’être arrêté·e aux abords du service de testing. Les auteur·rices de l’article en concluent qu’il serait judicieux pour les services de testing d’encourager les dealers à faire tester leurs produits tout en atténuant les freins à l’accès et citent le testing mobile comme piste pour y parvenir. Ce faisant, les services de testing toucheraient indirectement un public qui ne ressent pas particulièrement le besoin d’y avoir recours.

Si l’étude a des limites (elle n’a pas été conçue pour répondre directement à la question ci-dessus ; seule une minorité (40%) de l’échantillon était composée de dealers ; pas d’UD récréatifs dans l’échantillon ; etc.), elle a le mérite d’aborder une question qui fait débat dans nos sociétés aux politiques drogues répressives, y compris parmi les services de testing européens.

En effet, certains d’entre eux refusent officiellement l’accès à leurs services aux dealers. Plutôt que de fournir une réponse définitive, cette étude est donc surtout un appel à la réflexion et au questionnement.

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